« Je suis parce que nous sommes, créateur aux cinq orteils, aux doigts élégants, dont l’esprit fleurit comme du corail et les rêves s’étendent sur la terre avant de s’enfuir.

Je suis parce que nous sommes, animaux qui adorent se frotter,
se câliner, se lécher, se faire des papouilles, s’embrasser à pleine bouche,
laper le lait qui blanchit le minois de leurs petits et l’eau scintillante des piscines,
cueillir la sueur qui perle au coup aimé et lisser leur fourrure d’un coup delangue.

Je suis parce que nous aimons nager, dormir, manger, nous étendre au soleil et marcher à l’ombre,
parce que nous sommes les poissons qui sillonne les eaux claires ou danse plus bas,
là où l’océan touche le fond et s’emplit d’obscurité.

Je suis grâce aux siècles de pensée,
aux siècles de rêves, à la poésie, à l’herbe, à la musique,
au maïs qui pousse, grâce au vin tiré du raisin et au pain tiré du blé.

Je suis grâce aux millions de mains, grâce aux peintures rupestres,
à la ligne tracée sans remords, bison sur les parois, bises dans la clairière.

Je suis grâce aux étoiles filantes, aux pluies diluviennes, aux bateaux qui prennent le large, aux empreintes de pas,
grâce aux hommes et aux femmes qui s’envolent ensemble, qui se couchent ensemble, et s’envolent, encore et encore ;

Grâce au père,
à la mère,
aux frères,
aux amants,
aux enfants,
à tous ceux qui font l’amour ;
grâce aux peaux,
aux yeux,
aux mains et aux mots ;
grâce aux liens qui nous unissent,
au souffle qui m’anime.

Je suis grâce au velours de la nuit,
au chirurgien qui m’a sauvée,
grâce a l’intelligence,
à la vigilance,
grâce à tout ceux qui se sont aimés depuis tout ce temps
Et pour toujours. Je suis. Nous. »

Rosalind Brackenbury